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Le Palais de la Raison à Padoue

©Hélène Sadaune

Architecture symbole de la ville de Padoue, avec la basilique de Saint-Antoine, le Palais de la Raison est ce magnifique édifice construit en 1218-19 représentant le pouvoir et la puissance de la Commune de Padoue.

Le « Magnum Palaciurn » fut bâti sur deux étages.  Le rez-de-chaussée était entièrement dédié aux activités commerciales avec de multiples boutiques et échoppes alimentaires tandis que le premier étage était le siège du Tribunal de la Commune de Padoue.

Entre 1306 et 1309 l’ architecte Frère Giovanni degli Eremitani ajouta à l’extérieur les loges donnant sur les deux places marchandes, suréleva les murs du bâtiment originel et le recouvrit d’un immense toit en bois en forme de carène de navire. Il supprima les piliers et abattit les murs qui divisaient la salle en trois grandes pièces pour n’en faire qu’une seule. Elle devint la plus grande salle suspendue d’Europe, avec 82 m de long, 27 de large et plus de 27 m de haut, contre les 53 m de long, 25 m de large et 15 m de haut du Grand Conseil de Venise.

©Hélène Sadaune

La Commune commanda alors à l’un des plus grands artistes de son temps de la décorer avec des fresques : Giotto y peignit un cycle de fresques se développant sur plus de 600 m de long, qu’il réalisa pendant son deuxième séjour à Padoue, après celui de 1303-05 où il travailla à la décoration de la Chapelle des Scrovegni.

On dit que ce fut Pietro d’Abano à inspirer la symbologie complexe des thèmes astrologiques médiévaux des fresques recouvrant les murs du palais. Cet ensemble pictural unique en son genre expliquait la vie sociale et civile au Moyen Age, conditionnée par les astres, selon l’astrologie empirique et naturaliste du professeur en médecine, philosophie et astrologie Pietro d’Abano, qui étudia à Constantinoples où il apprit le grec et l’arabe, puis enseigna à la Sorbonne avant de rejoindre  l’Université de Padoue à partir de 1306.

©Hélène Sadaune

Malheureusement, ce chef-d’oeuvre de Giotto a été détruit dans l’incendie du palais en 1420. Ne se sont sauvés que quelques fresques attribuées à Giusto de Menabuoi, élève de Giotto, représentant des vertus. Tout a été refait sans modifications essentielles par les peintres Giovanni Miretto et Stefano da Ferrara en 1430. Ce nouveau cycle, encore visible aujourd’hui, recouvre entièrement les murs de la grande salle et comprend 333 fresques.

Les fresques du premier ordre en haut décrivent essentiellement le ciel et les astres. Le deuxième ordre inférieur décrit les influences que les astres provoquent dans la vie de l’homme. Le cycle est articulé en douze compartiments et commence par le mois de Mars avec le Bélier et termine en Février avec le Verseau, étant donné que la Sérénissime utilisa le calendrier romain Julien qui faisait débuter l’année le 1 er Mars jusqu’à la réforme du calendrier Grégorien appliquée dès 1522 à Venise.

©Hélène Sadaune

Chaque compartiment est à son tour divisé en trois sections de neufs panneaux chacun, qui montrent, après l’apôtre symbolisant le mois, l’allégorie du mois, son signe zodiacal, la planète qui lui est attribuée, les métiers liés à ce mois, les constellations et les représentations des différents traits de caractères attribués selon les 360 degrés ascendants au moment de la naissance de chaque individu dans le zodiaque.

Dans un angle du Salon est conservée la « Pierre du Déshonneur » sur laquelle les endettés insolvables devaient s’assoir peu vêtu (en chemise et caleçon long) et devaient répéter par trois fois, en présence d’une assemblée de plus de cent personnes, leur engagement à renoncer à leurs biens avant d’être expulsés de leur ville natale. Ce type de condamnation débuta en 1231 puis fut remplacée, grâce à l’intervention de Saint-Antoine en faveur des pauvres surendettés qui étaient précédemment jetés en prison jusqu’au remboursement complet de leur dette par leur famille, par une peine moins lourde, le pilori.

©Hélène Sadaune

A l’intérieur du Salon – immense et vide – un monumental cheval en bois de presque six mètres de haut réalisé en 1446 pour une joute historique puis donné à la ville de Padoue en 1837 par la famille Capodilista qui la fit construire des siècles auparavant. Ce cheval est, dit-on, une gigantesque reproduction du cheval du Condottiere Gattamelata réalisé en bronze par Donatello entre 1446 et 53, placé devant la façade de la basilique del Santo.

©Hélène Sadaune

http://padovacultura.padovanet.it/it/musei/palazzo-della-ragione

Pubblicato da Hélène Sadaune

Master II d'Histoire Moderne de la Sorbonne Paris IV, j'ai travaillé pendant plus de 20 ans pour la C.E. Résidente depuis plus de trente ans à Venise, guide conférencière à Paris et Venise, je suis une passionnée de la civilisation vénitienne et de cette ville hors-norme. Comptez sur moi pour vous tenir informé!

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